Mon papa habite aux Etats-Unis depuis plus de 15 ans. Il est parti là-bas, un peu sur un coup de tête, pour étudier les dauphins (sauvages) et organiser des thérapies avec des enfants autistes. Vous l’aurez compris: c’est quelqu’un qui suit ses passions jusqu’au bout. C’est très inspirant, même si cela implique de ne pas le voir beaucoup… En plus d’être un spécialiste sur les dauphins, il est aussi un fin gourmet qui a ouvert un restaurant gastronomique en Floride et qui est aujourd’hui spécialisé dans l’import des vins et champagne. Lorsqu’il m’a parlé de son envie de collaborer au blog, j’ai été enchantée! Déjà par la qualité de sa plume, mais aussi par le contenu original qu’il propose. Dans cette rubrique, il nous parlera de la nouvelle gastronomie américaine et d’accords mets vins. Mais je ne vous en dis pas plus et vous laisse le lire. Bonne lecture!

Homo Sapiens Culinaris

On a longtemps recherché ce qui différencie le mieux l’être humain au sein des autres espèces qui peuplent la planète ; on a désigné successivement l’usage de l’outil, le rire qui fut considéré comme le propre de l’homme et plus récemment le langage et le maniement de concepts abstraits mais on a dû réviser ces notions en constatant que d’autres mammifères dotés de gros cerveaux manifestaient des caractéristiques similaires…

Non, ce qui distingue vraiment l’homme et le différencie de façon unique, c’est le fait de cuisiner ses aliments ! Seul parmi toutes les espèces vivant sur la Terre, l’homme prépare, accommode, assaisonne et cuit sa nourriture.
Homo Sapiens Culinaris devrait être notre nouveau nom scientifique ; j’en fais une sérieuse proposition aux anthropologues de service…

Les moments mémorables de notre vie, ceux qui restent résolument imprimés dans nos souvenirs et qui comptent vraiment pour nous sont les moments marqués d’émotion.
Nous nous sentons pleinement vivre lorsque nous vivons une expérience intense, vive et colorée d’émotion, de préférence agréable bien évidemment…

Les circonstances qui nous amènent le plus aisément ces moments de pure joie sont les repas que nous partageons avec les amis et la famille. C’est notre alimentation qui définit le mieux notre identité profonde. Ce n’est pas étonnant que dans toutes les cultures humaines, quel que soit le groupe ethnique, quelle que soit l’affiliation politique ou religieuse, l’art de bien accommoder les aliments occupe une place absolument prépondérante.

Une chose qui m’a vraiment frappé lorsque j’ai visité le “ Fancy Food Show “ à New York il y a trois ans, c’est l’ambiance de fraternité et de convivialité qui régnait parmi les exposants des différents stands nationaux. On pouvait notamment voir les Grecs, Israéliens et Italiens comparer amicalement leurs huiles d’olive avec les Turcs, Marocains et Iraniens des stands adjacents. Une amitié gastronomique sans frontières où la qualité du terroir se révèle plus importante que la simple origine ethnique. Les Nations Unies de (et par) l’Alimentation sont peut-être notre meilleure chance de salut et de paix sur la terre.

Depuis une quinzaine d’années, je vis aux Etats-Unis où j’ai pu assister à une véritable révolution des coutumes alimentaires, surtout dans les régions du Centre et du Sud-Est considérées comme représentant “L’Amérique Profonde“. Et dans des villes comme Atlanta, New Orleans et Nashville, on peut assister à une véritable débauche de créativité culinaire !

Et comme chaque fois que ce peuple remarquable se lance à corps perdu dans une nouvelle aventure culturelle, il le fait non seulement avec une ardeur toute juvénile mais aussi un enthousiasme frénétique. Oui, la néo-gastronomie américaine est capable du meilleur comme du pire et on y voit côtoyer trouvailles extraordinaires et manques de goût désastreux ! Le but de cette rubrique est de vous faire découvrir cette nouvelle gastronomie et de passer d’excellents moments ensemble.

Attachez donc vos ceintures et accrochez-vous : voici la rubrique de L’Hédoniste du Nouveau Monde. Mais commençons par le commencement… (A suivre…)