La Villa Lorraine est une véritable institution bruxelloise. Il fut d’ailleurs le premier restaurant à obtenir 3 étoiles Michelin, hors de la France. C’était l’époque de Camille Lurkin, ensuite Freddy Vandecasserie. L’apogée de la gastronomie belge. Nous étions dans les années ’70.  L’enseigne perd malheureusement au fil du temps de sa splendeur. Serge Litvine, homme d’affaires (notamment dans le secteur agroalimentaire industriel – comprenez les Gaufres Milcamps), reprend le restaurant en 2010 et met tout en oeuvre pour lui redonner ses lettres de noblesse. Aujourd’hui, la Villa Lorraine est un empire avec une brasserie affichant un très beau rapport qualité prix, jouxtant le restaurant gastronomique qui a – il y a quelques années déjà – décroché un macaron. Mais notons également sa petite soeur La Villa in the Sky, où officie Alexandre Dionisio (bravo pour ses 2 étoiles), le traiteurla Villa Emily et sa récente association avec le Sea Grill (**). Impressionnant.

Honte à moi, je n’avais jamais été dans ce restaurant gastronomique lorgnant la Forêt de Soignes. Je dois l’admettre: la situation est superbe. La Villa Lorraine est logée dans écrin de verdure et son cadre, à quinze minutes du centre ville, est presque bucolique. L’intérieur est un peu trop mauve à mon goût, même si l’élégance et la sobriété sont de mises. En cuisine, Gary Kirchens, originaire d’Eupen, chef aussi jeune que prometteur, a rejoint l’équipe il y a un an et distille déjà un savoir-faire bien affirmé. La carte des vins me plait beaucoup, les grands crus y côtoient des vins plus méconnus. villalorraineunebis

J’ai testé le lunch, à 48 euro, comprenant mises en bouche, une entrée, un plat et un dessert.

Les festivités sont directement lancées: risotto de Fregola, agrémenté de couteaux de mer et de coques avec une émulsion au parmesan. Voilà une entrée iodée toute en finesse, parfaite pour ouvrir l’appétit. Ensuite, un des plats signatures du chef (mais qui ne figure normalement pas au lunch): une magnifique langoustine salée au caviar, accompagnée de céleri et de verveine citronnée. Un met juste et élégant, offrant un bel équilibre rehaussé par une belle acidité. J’adore!
Le plat n’est pas en reste également, dos de chevreuil, pieds de mouton, salsifis, servis avec une superbe sauce poivrade. Le tout est gourmand, généreux et puissant…
Le dessert m’a quant à lui bluffé. Un vrai dessert de restaurateur tellement réussi! Une mandarine fumante et rôtie au miel, un crémeux au yuzu, sorbet au pomelos et rooibos… Un savant jeu de textures et températures. villalorraine2

Une très belle découverte donc! Je terminerai en vous parlant d’une initiative que je salue: le menu jeune. Il permet aux jeunes de 18 à 28 ans de manger en semaine un menu à un tarif plus léger, 68 euro. Celui-ci comprend un menu 3 services, 1/2 bouteille d’eau, 1/2 bouteille de vin, un thé ou un café.