Sainte-Alvère

Petite bourgade située au Nord de la rivière Dordogne, dans la pointe ouest du Périgord Noir, Sainte-Alvère est réputée pour son marché aux truffes (ici la tuber melanosporum), qui a lieu chaque lundi d’hiver. Ses contrées très vallonnées et ses coteaux de calcaire en font le territoire rêvé pour la culture de truffe noire. Car aujourd’hui, on cultive la truffe avec des plants-hôtes dits truffiers. Je m’explique: on plante des jeunes arbres (chênes…) dont les racines ont été préalablement inoculées avec des spores en espérant qu’après quelques années, des truffes apparaissent.

Sainte-Alvère étant situé à une petite heure de route de chez mes parents, je ne pouvais passer à côté. Ce lundi matin, nous voilà donc partis pour humer les perles noires du Périgord. C’est sur la Grand-Place du petit village que se tient le marché. Il ouvre à 10 heures piles. Une foule est déjà plantée devant les portes et observe les commissaires, qui contrôlent les truffes à la loupe. Ensuite, ils les classent par catégorie et fixent leurs prix de vente.

Les cloches de l’église  cessent de sonner, les portes s’ouvrent. A peine entrés, nous sommes envahis par un parfum extrême… C’est un régal des yeux: un vrai marché destiné à la truffe, des centaines de perles noires disposées sur des tables, dans des paniers ou à même la nappe. Tout un chacun inspecte, tâte, renifle et parfois achète. Nous ne sommes visiblement pas la meilleure semaine (et trop tôt dans la saison aussi) et les prix affichent au mieux 1200 euro le kilo (ce qui est déjà pas mal, certes) pour la catégorie 1 (la meilleure). Mais cela reste impressionnant: je n’avais jamais vu autant de truffes au mètre carré.

Un champignon nous fait de l’oeil mais il nous est difficile de le sentir convenablement tant l’odeur générale est puissante. Nous craquerons néanmoins, heureux de notre achat, pensant déjà à la brouillade d’oeufs que nous allons concoter pour le réveillon de Noël le soir-même.

http://www.sainte-alvere.com/