Après un premier voyage en Alsace, durant lequel je m’étais vraiment bien amusée, je dois le reconnaître… me voilà de retour, peu de temps après, dans le cadre du Salon Millésimes d’Alsace. Ce voyage de presse était donc peut-être moins ‘funky’ que le précédent, mais plus instructif car il m’a permise de rencontrer les vignerons ultra talentueux et de déguster leurs vins. Découvertes, rencontre et dégustations facilitées avec la présence de Patrick, dont je vous parlais ici.

Mais avant de vous parler de ces vignerons, je dois d’abord tenter de vous expliquer la notion de Grands Crus d’Alsace. Je cite Wikipédia : Un alsace grand cru, ou grand cru d’Alsace, est un vin blanc français d’appellation d’origine contrôlée produit sur certaines parcelles du vignoble d’Alsace. Ce nom générique regroupe cinquante-et-une appellations sur quarante-sept communes. Ces crus sont tous parmi les meilleures expositions du vignoble, avec des contraintes de production plus rigoureuses que pour l’appellation alsace, cette dernière restant incluse dans les appellations grand cru.

En gros: les meilleures parcelles et les meilleurs raisins de la région… Ajoutez à cela un travail minutieux des vignerons, et vous aurez des grands vins. Saviez-vous également que l’Alsace est une des régions (si pas la région) de France avec le taux le plus important de vins réalisés en bio et biodynamie? Qu’on y croit ou pas, on ne peut nier que ce genre de pratiques témoigne et prouve l’engagement du vigneron, à vouloir faire mieux, dans le respect de la nature et du produit. Et ça en général, c’est la base d’un bon vin.

On est donc loin de l’image des vins alsaciens bons marchés, sucrés (voire écoeurants) qui nous traverse souvent l’esprit lorsqu’on évoque l’Alsace! J’avoue aussi qu’avant d’y aller, j’avais également cette impression. Et bien j’admets aujourd’hui que c’est excessivement réducteur de penser ainsi.

Mon ami Jonas (qui fut de la partie lors de mon premier voyage, sommelier et donc une tête du vin) explique dans son article que l’Alsace est vraiment la région idéale pour les amateurs de vin débutants. Et ce pour plusieurs raisons: déjà, on n’y produit que très rarement d’assemblage. Les vins sont classés par cépage (un par bouteille donc). En blanc: Pinot Gris, Pinot Blanc, Sylvaner, Riesling, Muscat, Gewurztraminer… Chaque cépage est typé et donc pas trop compliqué à reconnaître.

Mais ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas très compliqués à reconnaître, que les vins sont pour autant simples. En effet, des vins complexes alsaciens, il y en a plein, surtout quand on va dans les grands crus.  Néanmoins, je m’attarderai personnellement sur le Riesling, qui est mon cépage préféré. J’aime sa minéralité (qui se développe avec la vieillesse des vignes) , son côté tendu et vif ainsi que sa salinité. Voilà les attributs que j’aime retrouver dans un bon Riesling, qui doit contenir (toujours selon mon palais) le taux de sucre le plus faible possible.

Voici mes coups de coeur de dégustation :

  • Léon Boesch: Riesling Luss 2012 (€ 12) et Breitenberg 2011 (€14). Un réel coup de coeur, au point que j’y retourne le mois prochain et je logerai dans le gîte du domaine mais aussi un rapport qualité prix incroyable
  • Bott-Geyl : Riesling Schlossberg 2011 (€ 26) et Riesling Schoenenbourg 2011 (€25) . Des vins très élégants et racés
  • Marcel Deiss : Schoffweg 2010 (Chemin des brebis – complantation) (€ 33). Un véritable ovni et figure emblématique dans le paysage alsacien…
  • Dierler-Cadé : Riesling Kitterlé (€ 18,5), Spiegel (€ 16) et Saering (€18,50). La bonne nouvelle: certaines de leurs bouteilles sont en vente au Colruyt!
  • Josmeyer : Grand Cru Hengst (€ 18 à 35)— toutes les années, avec une mention spéciale pour le 2008. Je vous en avais déjà parlé, des vins sublimes, complexes, d’une grande minéralité et tenus par 2 femmes!
  • Jean-Louis et Fabienne Mann : Riesling Altengarten 2012 (€ 13,80). Un réel coup de coeur aussi. On sent que la passion anime ces vignerons!
  • Muré: Riesling Varbourg – Clos Saint Landelin (€ 27). Des vins complexes et très équilibrés.
  • Louis Sipp : Riesling Osterberg (€ 22) et Riesling Kirchberg de Ribeauvillé (€ 22). Recommandé par Marcel Deiss, c’est dire!

Avant notre retour au plat pays, nous avons eu la chance d’être reçu par plusieurs vignerons de Mittelbergheim. Le seul petit village d’Alsace (et du monde entier) à produire du Sylvaner (un cépage en général moins estimé) en Grand Cru, ici en l’occurrence le Zotsenberg. Ils ont dû se battre pour… L’un d’entre-eux a même été en prison ! Voilà des hommes engagés et encore une fois passionnés. On s’en rend compte dès les premières minutes de notre visite.

On entre dans l’oenothèque de Mittelbergheim. Ils nous servent un vin… On le goûte un et tout de suite, on apprécie sa complexité, mais aussi sa fraicheur. Il s’agit d’un vin de 1959… Bam, la claque!

Nous partons grimper dans les vignes, hautes en altitude. Place à la dégustation et je dois bien vous avouer que j’ai vraiment apprécié des Sylvaner et donc enfreint ma fidélité au Riesling. Ensuite nous avons déjeuner en haut des vignes, sous le soleil (démontrant encore une fois que l’Alsace est un des territoires les plus secs de France)… Un moment de pur plaisir. Nous qui étions tant motivés à quitter tôt pour ne rentrer pas trop tard en Belgique, désirions soudainement rester… et que le temps s’arrête.

Encore merci à Messieurs Boeckel, Gilg, Wantz, Dolder, Rietsch, Kleinknecht, Hansmann, Wittmann, Seltz, Haegi et Rieffel pour cet accueil extraordinaire!
Bref vous l’aurez compris, si vous appréciez le vin blanc, je vous recommande vivement cette région. En plus, ses habitants sont vraiment accueillants et aiment les Belges !

Et encore un grand merci au CIVA pour l’invitation.